DGF notifiée, DILICO précisé, budgets calés : l'agenda financier des nouveaux exécutifs pour l'été 2026
Après un marathon budgétaire de près de cinq mois, les paramètres financiers de l'exercice 2026 sont désormais tous connus. Pour les équipes municipales et intercommunales installées au printemps, l'été est le moment de vérifier que le premier budget voté tient réellement compte du nouveau cadre.
Publié en Juin 2026 · Analyse de Loudfy Mdoihoma
Une DGF gelée, des attributions individuelles très contrastées
L'enveloppe nationale de la dotation globale de fonctionnement a été maintenue à 27,4 milliards d'euros par la loi de finances du 19 février 2026, ni revalorisée ni réduite. Les attributions individuelles, publiées au printemps, révèlent des situations très contrastées : environ la moitié des communes voient leur DGF baisser ou stagner. La cause est mécanique. La progression de la péréquation, portée par la hausse de la DSU et de la DSR de 150 millions d'euros chacune et de la dotation d'intercommunalité de 90 millions, est financée à enveloppe constante, par un écrêtement de la dotation forfaitaire des communes et une baisse de la dotation de compensation des EPCI. Toute prospective construite sur une hypothèse de DGF stable au niveau individuel doit être vérifiée ligne à ligne à partir de la notification réelle.
Des budgets votés au 30 avril, souvent sans visibilité complète
Conséquence de l'adoption tardive de la loi de finances, le délai de vote des budgets primitifs a été reporté du 15 au 30 avril cette année. De nombreuses équipes fraîchement installées ont donc voté leur premier budget dans un calendrier compressé, parfois avant d'avoir intégré finement les attributions de DGF notifiées, la hausse CNRACL à 37,65% ou le décalage du FCTVA pour les EPCI. La priorité de l'été n'est pas administrative. Il s'agit de reprendre le budget voté poste par poste, de le confronter aux paramètres définitifs, et de préparer si nécessaire une décision modificative avant l'automne plutôt que de découvrir un déséquilibre en fin d'exercice. Dans les échanges que j'ai eus ce printemps avec des équipes fraîchement installées, le budget d'avril est trop souvent traité comme un sujet clos. C'est pourtant un document de départ, pas un document de référence.
DILICO 2026 : les modalités enfin précisées
Le décret d'application publié en mai 2026 a précisé les modalités du DILICO pour l'exercice : les communes en sont totalement exonérées cette année, la contribution de 740 millions d'euros reposant sur les régions (350 M€), les intercommunalités (250 M€) et les départements (140 M€). Les recettes réelles de fonctionnement prises en compte pour le calcul sont celles de l'exercice 2023, et 90% des sommes prélevées seront reversées aux contributeurs par tiers entre 2027 et 2029, le solde alimentant la péréquation. Pour les EPCI et départements concernés, ce prélèvement doit être traité comme une immobilisation de trésorerie pluriannuelle, pas comme une perte sèche, mais il doit figurer explicitement dans la prospective, y compris son calendrier de retour.
Ce qui doit être calé avant l'automne
Trois chantiers structurent l'agenda financier d'un exécutif installé au printemps 2026. Le premier est la prospective pluriannuelle intégrant la trajectoire complète des paramètres nationaux : CNRACL à 40,65% en 2027 puis 43,65% en 2028, gel de la DGF en euros constants, DILICO et son mécanisme de reversement. Le second est la cartographie des services délégués hérités : échéances, équilibres financiers, clauses de rendez-vous, car les renouvellements de DSP qui arrivent entre 2026 et 2028 se préparent dix-huit mois à l'avance. Le troisième est la revue du programme d'investissement à l'aune de la capacité de financement réelle, dans un contexte où le Fonds vert a été réduit à 837,5 millions d'euros. Un exécutif qui aborde son premier débat d'orientation budgétaire à l'automne avec ces trois éléments consolidés a pris une longueur d'avance sur tout son mandat.
Sources officielles
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